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Articles avec #coups de gueule catégorie

2015-06-02T15:52:12+02:00

Lettre ouverte aux commerciaux

Publié par dijon-en-guepiere

Chers commerciaux,

Aujourd’hui j’étais pourtant de bonne humeur, il faisait beau, les oiseaux chantaient et je mettais joyeusement en rayon le nouveau modèle de Chantal Thomass d’un bleu à me faire tourner la tête. Malheureusement vous avez, comme souvent, le don de me mettre en rogne. Je croyais que votre travail consistait, au contraire, à mettre les gens dans une humeur d’achat et de dépenses (inutiles la plupart du temps, j’en conviens).

Peut-être un jour comprendrez-vous donc que commencer une discussion avec moi en me demandant «d’appeler le patron », ou bien « d’être mignonne et de prévenir le gérant que son rendez-vous est arrivé» est le meilleur moyen de réveiller en moi la chienne de garde du sexisme qui n’a alors plus du tout envie de vous écouter, encore moins d’acheter, mais au contraire de vous mettre à la porte de mon entreprise en vous frappant avec le dernier magazine « Causette » (façon rouleau à pâtisserie mais version féministe).

Dans ces cas-là, je vous remercie tout de même d’annoncer dès le début la couleur et d’éviter de me faire perdre mon précieux temps à écouter un argumentaire du même niveau que l’introduction.

Cependant, parfois vous m’avez vraiment déçue. Je dis déçue car nous avions pourtant bien parlé, vous et moi, et vous m’aviez même proposé un produit qui m’intéressait. Pourquoi avez-vous donc ressenti le besoin à un moment de ponctuer vos phrases de « voyez-vous, jeune fille » ou, pire, « ma chérie ». M’avez-vous vraiment imaginée assez cruche pour signer des contrats ou des bons de commande sans les lire, en ricanant bêtement, toute rougissante et comblée qu’un homme ait pu m’affubler de tels surnoms ? Vous me rappelez mon professeur d’Ecole de Commerce qui commençait son premier cours de l’année en expliquant qu’un bon commercial devait toujours apporter un bouquet de fleurs à la secrétaire de l’entreprise qu’il démarchait et jouer un peu de son charme sous prétexte qu’elle pourrait être utile plus tard dans la négociation (Jean-Claude, si tu me lis, excuse-moi ! ).

Je vous rassure tout de même, ma haine à votre égard s’est un peu amoindrie quand j’ai rencontré certains de vos supérieurs et patrons à l’occasion d’une petite sauterie de la CGPME (normalement ça s’appelle un « afterwork » mais, croyez-moi, « sauterie » est beaucoup plus approprié). Je ne m’étendrai pas sur les propos que j’y ai entendus mais le sexisme y était omniprésent.

Vous m’auriez connue à 18ans, j’étais nettement moins calme et pondérée qu’aujourd’hui (si si je vous l’assure). Je vous aurais alors probablement interrompus et j’aurais hurlé à la façon de cette publicité pour voiture : « C’est qui le patron ?? C’est moiiiiiiiii le patron !!!! ». Mais vous avez de la chance, je me suis calmée avec l’âge et je me contente d’abréger notre rendez-vous de ne pas y donner suite. Petits veinards.

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